Ossature boisAu même titre que les plans et l'orientation de la maison, le type de construction est également très important. Les choix techniques qui en découlent sont alors bien différents selon les solutions. Plus que la performance thermique pure, le choix du mode constructif se fait également en fonction des convictions de chacun.

Pourquoi avoir choisi l'ossature bois plutôt qu'un autre type de construction ? Quels sont les avantages et inconvénients des autres solutions ? Découvrez les raisons de notre choix de la construction bois.

 

 


 

Petit préambule avant d'attaquer les choses sérieuses. A chaque matériau et à chaque mode constructif est associé un "bilan énergie grise". Ce que l'on appelle "énergie grise", c'est la somme des énergies nécessaires à la production, à la fabrication, à l’utilisation et enfin au recyclage des matériaux. On peut également y ajouter le transport. Je vous invite à consulter les articles suivants pour plus de détails : énergie grise sur Wikipédia et énergie grise sur Ekopédia. Ils indiquent notamment les différentes valeurs "énergie grise" pour les matériaux comme le bois, la brique, le béton, etc. Sans surprise, c'est le bois qui est le mieux placé.

 

Si vous souhaitez juste savoir pourquoi nous avons choisi l'ossature bois, rendez-vous directement à la fin de l'article.

 

Bois, brique, béton ou parpaing ?

 

Avant toutes choses, il convient de distinguer les murs "classiques" (isolation rapportée) des murs à isolation répartie. Les premiers sont ceux que l'on trouve dans la plupart des maisons encore construites aujourd'hui. Ce sont des murs porteurs très peu isolants, qui nécessitent une isolation supplémentaire. Les seconds sont constitués de blocs monomur. Ils sont à la fois porteurs et isolants. Il s'agit généralement de murs très épais constitués de blocs alvéolés.

 

Les murs à isolation répartie (monomur) :

  • Brique monomur : souvent mentionnée en construction écologique, cette solution a quelques atouts intéressants, dont notamment une bonne régulation de l'humidité (bonne qualité de l'air intérieur). Nous l'avions envisagé pendant un moment, avant de se rendre compte que son pouvoir isolant n'est pas si intéressant que ça. La monomur de 37,5 cm n'offre qu'un R de 2,87 m².K/W, tandis que la 50 cm arrive à 3,72 m².K/W (source : données fabricant Wienerberger). Il faudrait alors rajouter un isolant en plus, ce qui supprime tout l'intérêt de cette solution. D'autre part, la pose d'une brique monomur demande une grande rigueur (le premier rang doit avoir un niveau irréprochable) et n'est pas maîtrisée par beaucoup de maçons (pose avec joints minces). Il n'est donc pas facile de trouver le bon artisan et les prix sont parfois dissuasifs. Le passage des gaines à l'intérieur est aussi un problème, tout comme les ponts thermiques qui sont difficiles à traiter. Enfin, certains mettent en avant les qualités écologiques de la brique. C'est oublier que ce matériau demande une grande quantité d'énergie pour sa fabrication, ce qui rend son bilan "énergie grise" très élevé.
  • Béton cellulaire : aussi appelé "thermopierre", ce produit est un bloc constitué de béton et de milliers de micro-cavités d'air. Son pouvoir isolant est donc intéressant et sa légèreté facilite grandement la pose. Côté résistance thermique, c'est déjà mieux puisque le bloc de 36,5 cm permet d'obtenir un R de 3,87 m².K/W, tandis que celui de 50 cm offre un R de 5,30 m².K/W (source : Xella). Je n'ai pas trop étudié cette solution puisque découverte plus tard. Je préfère tout de même le bois, même si le béton cellulaire ne manque pas d'atouts. Je pense que c'est une solution très intéressante en auto-construction, puisque les blocs ne sont tout de même pas donnés. A étudier également en ce qui concerne le bilan énergie grise bien entendu.

 

Les murs à isolation rapportée :

  • Bloc RTH : à mi-chemin entre le parpaing et le bloc monomur, le bloc RTH est en fait un parpaing qui intègre une couche d'isolant en sandwich. C'est un produit intéressant dans le sens où il facilite la pose et offre un support prêt à enduire. Certes, il n'est pas franchement écolo, mais par rapport à l'énergie grise utilisée pour la fabrication de la brique, à mon avis ce n'est pas pire. Question résistance thermique, il faut compter sur un R de 3 en moyenne, ce qui n'est malheureusement pas folichon. Le problème de cette solution, c'est que le mur n'est plus du tout "perspirant"/"respirant" à cause du polystyrène encapsulé à l'intérieur. Plus d'infos sur sur le site du fabricant Perin et Cie.
  • Brique ou parpaings "classiques" : encore très utilisés dans les constructions neuves, ces matériaux sont malheureusement mal employés la plupart du temps. En effet, l'isolation est très souvent positionnée à l'intérieur, ce qui ne permet pas d'utiliser leur capacité "accumulatrice" et augmente aussi les risques de ponts thermiques dans l'enveloppe. Au contraire, l'isolation extérieure permet d'obtenir de très bons résultats avec ces matériaux "classiques". On obtient alors une bonne inertie et une bonne isolation pour un coût relativement modeste. Certes, l'isolation extérieure est plus chère que l'isolation intérieure pour le moment, mais le confort est tout de même radicalement différent et les tarifs ne cessent de baisser. D'autre part, l'isolant n'utilise pas de superficie habitable (puisque situé à l'extérieur), ce qui diminue le prix du gros oeuvre ! Finalement on s'y retrouve. C'est sans doute une solution que nous aurions pu adopter, puisqu'elle est finalement bien adaptée aux petits budgets. L'isolation extérieure peut se faire soi-même, bien que cela ne soit pas forcément évident pour tout le monde. On parle souvent de polystyrène, mais il est tout à fait possible de prévoir une fibre de bois ou autre matériau plus naturel. Si vous trouvez une entreprise qui le fait à des tarifs raisonnables, c'est assurément une solution à envisager. Ne pas oublier de comparer son coût en calculant les superficies habitables de chaque solution.

 

La construction bois :

  • Bois massif : les murs sont constitués d’éléments empilés et emboités (rondins ou madriers), ou bien de panneaux plus ou moins épais. On pense souvent aux chalets de haute montagne lorsque l'on évoque cette solution. Hélas, contrairement à ce que beaucoup de monde pense, le bois ne se suffit pas à lui même en ce qui concerne l'isolation. Avec un lambda (conductivité thermique, c'est à dire son pouvoir isolant) égal à 0,12, on obtient un R trop faible. Il convient donc de lui rajouter un isolant supplémentaire, idéalement à l'extérieur. Le problème du bois massif, c'est aussi que cela complique les passages de gaines à l'intérieur. Le prix de la structure est également plus élevé qu'une ossature bois à cause du cubage de bois plus important. En revanche, l'aspect est très sympathique pour ceux qui aiment le bois naturel, et la rigidité est très bonne.
  • Ossature bois : enfin nous y voilà ! C'est notre choix constructif. La maison est faite d'une structure porteuse légère en bois. On parle d'ossature, sorte de "squelette" de la maison. Il faut ensuite rigidifier l'ensemble avec des panneaux : c'est le contreventement. Les montants de l'ossature forment ainsi des caissons qui sont ensuite remplis d'isolant. Toute l'isolation est alors dans le mur, ce qui permet de prévoir une bonne épaisseur d'isolant sans perdre trop de place. Les performances thermiques de ces maisons sont donc souvent très bonnes. Actuellement les ossatures les plus souvent fabriquées font 145 mm d'épaisseur, ce qui permet d'obtenir facilement un R de 3,6 m².K/W environ malgré cette faible épaisseur. Il vaut mieux compléter cette isolation par des panneaux en isolation extérieure (évite les ponts thermiques). La fibre de bois est alors très adaptée pour cet usage. En conséquence, le R total du mur peut facilement dépasser 5 m².K/W. Il est très probable que l'épaisseur des ossatures passe en 200 ou 220 mm d'épaisseur d'ici peu de temps. La différence de prix n'est souvent pas très élevée et cela permet de s'approcher des performances thermiques d'un bâtiment passif.

Dans tous les cas, les constructions bois on un inconvénient majeur qui est l'absence d'inertie. En effet, le bois n'accumule pas bien la chaleur, ce qui implique de pouvoir la stocker ailleurs. Pour cela, le mieux est encore de positionner des murs lourds à certains endroits clés : en face d'une baie vitrée pour capter les apports solaires, derrière un poêle à bois, etc. Une dalle lourde est également recommandée dans ce cas. Ne pas prévoir d'inertie dans une maison bois est une erreur trop souvent commise. On s'en rend compte rapidement l'été lorsque la maison surchauffe vite. L'hiver le problème est le même, puisque si la maison chauffe vite, elle refroidit vite aussi. Ajouter de l'inertie permet alors de réduire sensiblement les écarts de température.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, une maison en bois n'est pas plus sensible au feu qu'une maison en béton ou en brique. Au contraire, le bois est même préférable puisque bien plus prévisible dans son comportement. Il se consume et reste plus longtemps en place, ce qui est généralement préféré par les pompiers en cas d'intervention. Question sécurité, un bâtiment en bois ne pose pas non plus de problème particulier. Certes, on peut le découper plus facilement, mais un cambrioleur qui se déplace avec une scie circulaire sera aussi motivé à entrer dans une maison en béton. Ouvrir un mur en bois demande de longues minutes et fait du bruit (scie circulaire obligatoire pour découper le mur, donc pas si simple). Bref, question sécurité, si un cambrioleur veut entrer, de toutes façons il entrera. Dans une maison béton, à moins de mettre des grilles, il suffira de passer par le toit ou par les fenêtres, ce qui reste moins bruyant que de découper un mur. ;)

Vous trouverez plus de détails sur notre structure de murs et notre isolation dans les prochains articles sur le sujet.

 

Mais alors finalement, pourquoi avons-nous choisi l'ossature bois plutôt qu'autre chose ?

 

  • Ecologie : vous vous en doutez, une des raisons qui nous on fait choisir le bois, c'est le côté écologique. Effectivement, le bois est un matériau naturel qui n'a subit que peu de transformations avant d'arriver dans la maison (faible bilan énergie grise). L'utiliser en construction permet également de "piéger" le CO2 que l'arbre a absorbé pendant sa croissance. En effet, les plantes utilisent le CO2 de l'atmosphère pour croître (photosynthèse). Ce CO2 retourne ensuite dans l'atmosphère lorsque la plante meure (décomposition, combustion, etc). Le fait d'utiliser le bois en construction permet à la fois de stocker ce CO2 (autant en moins à retourner réchauffer notre planète), mais contribue également à la bonne gestion des forêts. Les vieux arbres laissent alors leur place à de plus jeunes qui absorbent bien plus de CO2 lors de leurs premières années de croissance.
  • Santé : la question santé a aussi joué un certain rôle. Une maison en bois bien conçue permet une bonne régulation de l'humidité. L'atmosphère peut alors être bien plus saine que dans une traditionnelle. Bien que l'étanchéité à l'air soit capitale dans une maison basse consommation, ce n'est pas pour autant qu'il faut la rendre étanche à la vapeur d'eau (syndrome de la bouteille thermos).
  • Performance : l'autre raison du choix de l'ossature bois, c'est la performance thermique de cette solution ! Comme nous l'avons vu dans le paragraphe consacré à l'ossature bois, il est relativement facile d'obtenir de très bonnes performances thermiques avec un mur finalement peu épais. Les ponts thermiques sont également facilement maîtrisés.
  • Finance : le dernier point concerne l'aspect financier du projet. Une construction en ossature bois peut être abordable si l'on s'adresse aux bons artisans (il y a beaucoup d'abus actuellement, effet de mode oblige). D'autre part, la construction est très rapide et évite d'avoir à payer à la fois un loyer et une échéance de prêt pendant plusieurs mois de constructions. Enfin, on constate aussi qu'à performances thermiques égales, on arrive à construire une maison moins chère.

Ah, et puis on devrait aussi dire qu'on aime bien le bois. C'est un matériau vivant, chaleureux, naturel. Bref, ça nous plaît et c'est bien le principal !