Structure des murs en ossature bois avec isolantComme promis, voici un schéma présentant la structure de nos murs en ossature bois. Couche par couche, découvrez les matériaux utilisés et le concept respirant / perspirant de la maison.

 

 


 

Une maison basse consommation est par définition bien isolée. Pour cela, plusieurs solutions existent et l'ossature bois n'est qu'un type de construction parmi d'autres. L'objet de cet article n'est pas de partir dans un débat sur les avantages et inconvénients de chaque structure (aucune solution n'est parfaite, il y en a juste de meilleures que d'autres). Nous nous attarderons donc sur nos choix, c'est à dire l'ossature bois isolée à l'intérieur et à l'extérieur, avec une structure perspirante / respirante (régulation naturelle de l'humidité).

 

Pour commencer, voici le détail de la structure, de l'extérieur vers l'intérieur :

  • Bardage Douglas 20 mm, traité autoclave marron
  • Lame d'air 22 mm
  • Panneaux isolants 60 mm en fibre de bois Pavatex Pavatherm
  • Contreventement par panneaux de Kronolux DFP (produit quasi identique à l'Agepan DWD RL) 16 mm
  • Ossature bois 220/45 remplie de panneaux en laine de bois 80 mm + 140 mm Pavatex Pavaflex
  • Frein vapeur Ampack Sisalex 500
  • Chevrons 63/44 vissés sur ossature (lame d'air technique pour gaines)
  • Fermacell 12,5 mm vissés sur chevrons

 

Quelques explications :

Nous avons choisi le bardage traité autoclave sur les conseils du charpentier. A l'origine, je voulais du Douglas thermohuilé puisque ce traitement est plus naturel. Hélas, cela protégerait pas suffisamment l'aubier qui risquerait de se dégrader avec le temps (selon le charpentier toujours). Certains bardages Douglas seraient purgés d'aubier, mais il semblerait qu'en réalité cela ne soit pas possible à 100%. Bref, s'il reste de l'aubier, il vaudrait apparemment mieux le traiter en autoclave pour être tranquille (oui, ça c'est encore notre charpentier qui le dit). Par sécurité (et pour le prix un peu aussi), nous avons donc choisi le Douglas traité autoclave marron que nous avons pu voir sur quelques maisons et qui nous a bien plu. Dans l'idéal, un bardage en Red Cedar aurait été plus sympa, mais c'est malheureusement beaucoup plus cher et cela pose un problème d'entretien. En effet, le Red Cedar est un bois très dense et s'imprègne mal des produits d'entretien. Si on veut pas qu'il grise, il faut l'entretenir très (trop) souvent. De plus sa provenance d'Amérique du Nord lui donne un assez mauvais bilan carbone (transport). Dernière solution que nous avions envisagé pour son aspect sympathique, le Mélèze. C'est une essence fortement déconseillée dans notre région à cause de l'humidité qui provoquerait des problèmes de vieillissement (bois piqué par des points de moisissure selon ce qu'on m'a dit).

L'isolation extérieure en fibre de bois a pour but de couper le maximum de ponts thermiques. En effet, les montants bois de l'ossature ont une conductivité thermique bien plus élevée (donc plus mauvaise) qu'un isolant, ce qui diminue nettement les performances thermiques de la structure. Bien que l'on soit dans une maison bois (le bois est bien plus isolant que de la pierre, du parpaing ou de la brique), ces problèmes de ponts thermiques sont réels et ne sont pas à négliger si on veut faire une bonne maison basse consommation, voire passive (on cherche à s'en approcher).

A l'intérieur de l'ossature, nous avons choisi la laine de bois puisque cela ne revient pas plus cher que la ouate de cellulose si on le fait soi-même. Initialement, il était prévu que nous fassions appel à une entreprise spécialisée qui nous aurait isolé les murs en ouate de cellulose par projection humide. Hélas, cette entreprise était débordée et nous avons du nous passer de leurs services puisque le risque de retard dans le chantier était bien trop grand. Pour le même prix, nous sommes donc passés sur une isolation en laine de bois, encore plus performante et au même prix en le faisant nous même (on en a un peu bavé ceci dit !).

Le contreventement est assuré par des panneaux en fibre de bois compressée, plus sains et surtout beaucoup plus respirants que les panneaux d'OSB habituellement utilisé en construction bois. Sa valeur Sd est de 0,16 m pour une épaisseur de 16 mm. Ceci permet aux murs de beaucoup mieux évacuer l'humidité. On appelle ça la "perspirance" (même si ce terme n'est pas forcément celui qu'il faudrait utiliser, c'est à vérifier). En d'autres termes, même avec une étanchéité à l'air excellente, cela ne bloque pas les transferts de vapeur d'eau à travers le mur, ce qui participe au confort de la maison et évite les risques d'avoir de la condensation dans l'isolant (point de rosée). Je ne m'étale pas plus sur la technique car j'en ai déjà sûrement largué une bonne moitié d'entre vous (désolé). Les plus curieux(ses) et intéressé(e)s trouverons tout ce qu'il leur faut après quelques recherches avec leur moteur de recherche favori ! ;)

L'ossature fait 220 mm de large et les montants sont épais de 45 mm (d'où le 220/45). Au départ, nous aurions du avoir une ossature de 145 mm de large, puis une contre ossature de 60 mm qui aurait permis d'augmenter l'épaisseur d'isolant. Après réflexion, nous sommes passés à une ossature de 220 mm puisque la différence de prix n'était pas très importante (un peu plus de 1000 euros). Je pense que nous avons fait le bon choix puisque si nous avions du faire une contre-ossature nous aurions mis plus de temps et cela nous aurait finalement coûté aussi cher en bois et en vis. Ce changement ne fut toutefois pas sans conséquence, puisque nous avons du augmenter l'épaisseur des soubassements (200 mm au lieu de 150), ce qui a aussi changé la conception du mur. Je ne rentre pas plus dans les détails mais cela explique les quelques imperfections de la structure. Heureusement je crois que nous avons évité un maximum de ponts thermiques.

De la même manière, le frein vapeur qui fait l'étanchéité à l'air de la maison a été choisi en fonction de sa valeur Sd. Cette valeur représente l'équivalent lame d'air du produit. Il faut que le Sd intérieur soit environ  5 fois plus élevé que le Sd extérieur. Dans notre cas, le Sd du Sisalex 500 vaut 2. Sachant que nous avons un mur plutôt épais, il faut que chaque couche ait une valeur Sd plus faible que la précédente (toujours de l'intérieur vers l'extérieur). Pour simplifier, on peut dire que plus le Sd est élevé, plus la vapeur d'eau est bloquée. Si le Sd diminue à mesure que l'on va vers l'extérieur, cela permet à la vapeur d'eau de migrer vers l'extérieur puisqu'elle se transmet physiquement vers les matériaux à Sd plus faibles. Après quelques savants calculs effectués grâce à une superbe feuille de calcul conçue par un connaisseur (Yoghourt sur le forum Futura Sciences pour ceux qui le connaissent), j'ai pu voir qu'il n'y avait pas de point de rosée dans le mur et que l'humidité pouvait s'évacuer facilement vers l'extérieur. Bref, du tout bon. Merci à Fabrice (il se reconnaitra) pour tous les conseils à propos de cette structure de mur perspirante.

La lame d'air technique vient après l'ossature pour que les gaines électriques puissent passer sans perforer le frein vapeur (ce qui serait très mauvais pour l'étanchéité à l'air). De plus, cela permet de ne pas courir de risques si l'on venait à percer la plaque de doublage en Fermacell plus tard (pour accrocher un cadre, etc). Bref, c'est indispensable pour préserver l'étanchéité à l'air. Si nous n'avions pas autant d'isolant dans l'ossature, nous aurions pu éventuellement en rajouter dans cet espace (mais vu le nombre de gaines qu'il y a, ça aurait été un beau bazar !).

Enfin, le Fermacell a été préféré au Placo pour sa solidité/rigidité et son côté plus sain (quoique vu la colle qu'on y met…). Ca fait tout de même beaucoup plus robuste, je ne regrette pas ce choix malgré le fait que ça complique la pose. Inconvénient majeur : le prix, 2 fois plus cher que le Placo en négociant bien. Ah si, l'autre avantage est acoustique puisqu'une plaque de Fermacell atténue bien plus les bruits aériens qu'une plaque de Placo.

 

Place au schéma en 3D (cliquer pour agrandir) :

¨Structure des murs

Notre maison repose sur un terre plein : la dalle de 20 cm est coulée sur un hérisson (1ère partie, 2ème partie) d'au moins 30 cm (je crois que c'est plus, il faut que je regarde). L'isolation se fait sous hérisson par du Knauf Polyfoam D350A. Cette solution apporte beaucoup d'inertie pour pas trop cher, ce qui permet d'éviter les surchauffes.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser dans un commentaire ci-dessous. Il est possible que je mette à jour cet article puisque j'ai du en oublier. Ceci dit, c'est déjà trop technique pour certain(e)s, donc on verra ça plus tard. ;)