Austroflamm Koko XtraIl chauffe seul la maison, il a une puissance nominale de 6 kW, il pèse environ 250 kg et son rendement est de 78,1%. Lui, c'est le poêle à bois Austroflamm Koko Xtra ! Voici ce que nous en avons pensé après un premier hiver de chauffe.

 

 


 

Choix du modèle

Les poêles de puissance modeste ont généralement de petits foyers. C'est normal puisqu'il faut pouvoir les utiliser à leur puissance nominale – 6 kW dans notre cas – pour qu'ils atteignent leur rendement maximal. Autrement dit, il faut que la flambée soit très vive. Un foyer trop grand et une puissance nominale plus importante incitent à faire des feux ralentis et couvés. Ce type de feu est à proscrire, il est trop polluant et peu efficace, si bien que le rendement s'effondre et que l'on consomme alors plus de bois.

Bien entendu, une flambée intense libère une chaleur importante en peu de temps, d'où l'importance d'avoir un poêle lourd avec un peu d'inertie pour garder un bon confort et une bonne accumulation. Idem pour la maison qui a tout intérêt à pouvoir absorber cette chaleur rapidement grâce à son inertie, ou du moins à la conserver grâce à une bonne isolation ! Bref, un poêle ne se choisit pas n'importe comment, il se choisit selon la maison en premier lieu. Dans notre cas, la maison est très bien isolée, elle a de l'inertie avec le mur de refend et la dalle épaisse, donc on peut à priori absorber pas mal de chaleur rapidement ; du moins sur le papier, puisqu'en pratique ce n'est pas forcément évident de récupérer/stocker des calories émises par convection (chauffage de l'air). La pièce dans laquelle le poêle est installé est également assez grande et il faut qu'il puisse chauffer toute la maison, donc dans notre cas pas de problème pour faire des flambées intenses et efficaces.

 

Principe de fonctionnement : le topdown à l'honneur !

Afin d'utiliser son poêle au mieux, la meilleure méthode est sans doute l'allumage en topdown. C'est d'ailleurs la méthode que préconise désormais Austroflamm et sans doute d'autres fabricants. Le bois brûle alors plus régulièrement, c'est plus progressif, il y a moins de pertes et cela chauffe mieux. Il n'y a pratiquement que des avantages, hormis l'allumage plus délicat si l'on ne respecte pas bien la méthode. Cette technique permet en fait de bien brûler le gaz et la fumée qui s'échappe du bois pendant la combustion. En effet, ce sont ces émissions gazeuses qui produisent le plus de chaleur pendant une combustion, et non pas la combustion du bois en lui même. Le fait de commencer l'allumage par le dessus permet donc de brûler le gaz et de faire fonctionner la double combustion plus facilement. Bref, ça brûle plus progressivement, c'est moins polluant et le rendement augmente en flèche. Plus de détails sur ce lien : l'allumage en topdown sur Energie-bois Suisse.

Vous pouvez également consulter un sujet très intéressant à propos du topdown sur le forum Futura-Sciences.

Nous avons donc opté pour cette méthode du topdown – hélas méconnue en France, où beaucoup allument encore avec du papier puis mettent directement tout un tas de bois par dessus – et nous en sommes vraiment satisfaits.

 

L'importance d'un bois bien sec !

Au départ, nous utilisions des chutes de bois d'escalier, particulièrement sec (mesuré à moins de 10 % d'humidité). Avec ce bois, mieux vaut ne pas trop remplir le foyer, car ça flambe très fort ! Nous avons ensuite utilisé un peu de chêne, coupé en bûches de 30 cm, hélas pas encore assez sec pour cette année (36 % d'humidité !). Ceci dit, il nous a été bien utile tout de même, puisque cette année nous avions besoin d'une chaleur plus continue à cause des travaux pas terminés dans la maison. Ces bûches de 30 cm rentrent bien en largeur dans le foyer et l'on peut même aller jusqu'à 33 cm voire un peu plus. En revanche, on peut difficilement mettre plus de 4 bûches à la fois, ce qui est de toute façon bien suffisant pour une bonne flambée allumée en topdown.

J'ai également remarqué que la flambée est plus intense lorsque l'on met du bois verticalement lors des recharges. À confirmer.

 

Design et qualité de fabrication

Difficile d'être objectif quand on parle de design, tout est question de goûts personnels. Toujours est-il que nous trouvons qu'il a de l'allure, ce Koko ! Entièrement noir mat, avec sa grande surface vitrée, ses proportions sont bien équilibrées.

Côté finition, c'est du beau boulot grâce à une bonne conception qui permet un assemblage plutôt simple, ce qui limite les problèmes. On l'a d'ailleurs démonté pour le déplacer plus facilement.

L'acier est plutôt épais pour toutes les parties principales du poêle, on sent que c'est du costaud et que le métal ne va pas bouger dans le temps malgré les hautes températures. L'habillage est en revanche beaucoup plus fin, mais à moins de donner des coups de marteau sur les parois, ça ne pose pas de problème.

Le point qui me dérange le plus vient de la peinture qui semble plutôt fragile. Attention aux coups d'aspirateur à la base et pendant le nettoyage. Ceci dit, on ne l'a pas encore rayé. ;)

Poêle à bois Koko Xtra

Ci-dessus, le poêle lors de ses premières flambées, pas nettoyé donc un peu blanchi par le plâtre. Nous avons mis une plaque de Fermacell derrière contre le mur pour éviter que le plâtre ne sèche trop vite et fissure. Il y a une lame d'air entre le poêle et la plaque et entre la plaque et le mur, d'où les morceaux d'essuie-tout rose. Ceci dit, le mur est en béton avec une bonne couche de plâtre, donc on s'est permis de rapprocher le poêle très près du mur puisqu'il n'y a pas de risque de feu. Au contraire, l'objectif est justement de réchauffer ce mur qui joue un rôle d'accumulateur. Ça fonctionne d'ailleurs plutôt bien, ne serait-ce qu'avec la chaleur dégagée par le premier conduit noir en simple peau ! Pour le moment pas de fissure à l'horizon, mais on voit bien que le plâtre a séché beaucoup plus vite au niveau du poêle – ceci dit, il était frais de quelques jours seulement, ce qui explique la grosse différence de couleur.

On aperçoit aussi les morceaux de bois à droite du poêle. Très sec, ce bois chauffe très fort et il ne faut pas en mettre beaucoup. En revanche ça brûle aussi très vite donc ça oblige quand même à recharger ou à faire un gros topdown maîtrisé avec une arrivée d'air primaire réduite. Ceci dit, ça devient plus complexe pour garder une bonne flambée dans ces conditions. Le mieux est encore de mélanger ce bois avec de la bûche. On met alors les bûches en dessous, le bois bien sec au dessus et on allume en topdown. Ça prend alors très bien avec le bois sec et ça descend progressivement au niveau des bûches qui brûlent à leur tour. On peut appliquer la méthode avec du petit bois d'allumage.

 

La Keramott au pays de Kaamelott ?

Kaamelott PercevalLes plaques blanches et autres éléments situés à l'intérieur du poêle sont faits d'un matériau que l'on appelle la Keramott. Ces plaques de Keramott blanche encadrent tout le foyer pour le protéger et concentrer la chaleur.Les plaques en Keramott restent blanches si la flambée est bonne. Si ça noircit, c'est que la flambée n'est pas au point. Cependant, si ça arrive quand même, il ne faut surtout pas essayer de les nettoyer à la main, ça les tacherait ! De même, ne jamais frotter dessus, y compris avec les doigts, ça les tacherait aussi. Elles se nettoient toutes seules avec le feu s'il est bien vif.

Quel est le rapport entre la Keramott et la série TV Kaamelott me direz-vous ? Eh bien la réponse est dans la prononciation. En fait, je me suis tout simplement demandé si c'était de la camelote ou pas, cette Keramott. Heureusement, il semblerait que non. Je m'explique.

Chez nous, les 2 plaques du fond ont fissuré. Je pense que c'est à cause d'un problème de positionnement puisque les 2 pièces qui supportent ces plaques ne sont pas de la même épaisseur ! Ceci dit, ça arrive que ça fissure malgré tout et c'est apparemment normal. En tout cas, ça n'altère pas le bon fonctionnement du poêle, mais au bout d'un certain temps il faut quand même les changer lorsqu'elles finissent par tomber en morceaux. Ce n'est pas super cher et ça reste du consommable, mais il faut éviter de les changer tous les ans quand même. Ceci dit, dans notre cas ça ne me semble pas normal qu'elles aient fissuré, d'autant plus qu'elles n'ont pas eu de chocs. Il faut que j'en parle à mon revendeur et à Austroflamm. Je n'ai hélas pas beaucoup d'espoir sur le premier, mais ne soyons pas mauvaise langue avant d'avoir leur réponse à ce sujet.

 

La vitre propre ? Oui et non

Ah, les vitres sales, un grand moment de bonheur quand il s'agit de les nettoyer. Heureusement, cela peut-être évité ! Enfin presque… En effet, une vitre sale est signe d'une mauvaise combustion. On le voit très bien, ça nous est déjà arrivé à cause de bois trop humide, par exemple, ou encore suite à un mauvais réglage de l'arrivée d'air. Cependant, une fois maîtrisé, on constate que la vitre s'encrasse bien plus lentement.

Le principal problème selon moi, c'est la tendance à noircir dans les angles supérieurs de la vitre. Un problème que j'ai du mal à éviter. Certes, c'est léger et la vitre reste globalement propre, mais lorsque ça commence à se salir un peu, ça débute toujours par ces 2 angles supérieurs. J'imagine que c'est la forme du poêle qui cause cela. Bref, c'est propre, mais pas totalement, et on n'échappe finalement pas à un nettoyage régulier. Peut-être une conception à revoir à ce niveau sur le Koko.

Pour le nettoyage, c'est très simple : un morceau d'essuie-tout mouillé, on le trempe dans la cendre en faisant attention à ne pas ramasser de morceaux qui risqueraient éventuellement de rayer la paroi, puis on frotte. On essuie alors avec un autre bout bien propre et humide. J'ai essayé le papier journal : pas convaincant et galère à mouiller. Quant aux produits nettoyant, surtout pas ! Crado, crado !

À noter également la mésaventure de la jupe de ma frangine qui s'est réchauffée un peu trop près de la vitre du poêle. Mauvaise idée, dommage pour la jupe… Le poêle s'en est tiré avec une tache noire de vêtement synthétique brûlé, impossible à enlever en frottant ou même avec du produit (acétone, alcool, ce que vous voulez, rien à faire). Malgré la crainte de rayer la vitre du poêle tout neuf, j'ai dû me rabattre sur le côté vert de l'éponge… et ça a fonctionné ! En fait, la vitre en pyrex est étonnamment solide et c'est tant mieux. Attention tout de même, il faut y aller doucement, ça peut quand même se rayer, j'imagine. Hélas, la jupe a dû être amputée, je crois qu'elle a donné le mot à toute la garde-robe de ne plus s'approcher du poêle dorénavant.

 

Le réglage de l'arrivée d'air

Une fois que l'on a bien assimilé le principe de la flambée bien vive et de l'allumage en topdown, on peut s'attarder sur les autres points importants. Tout d'abord, l'arrivée d'air n'est réglable qu'avec une seule manette en dessous de la poignée de la porte. La position maximale ("+") correspond à une ouverture totale de l'arrivée d'air primaire et secondaire. La position intermédiaire (".") ferme l'arrivée d'air primaire pour ne laisser que l'air secondaire. Enfin, la dernière position ("-") ferme toute arrivée d'air, ce qui n'est à faire que s'il ne reste plus la moindre braise dans le foyer, sinon c'est l'encrassement assuré. Évidemment, il faut aussi jouer avec les niveaux intermédiaires, sachant que tout dépend du tirage que l'on a chez soi. Le schéma ci-dessous montre bien comment ça fonctionne.

Poêle à bois Koko Xtra

Nous avons un très fort tirage chez nous, si bien que le feu n'a aucun mal à démarrer. La chaleur se fait réellement sentir à partir du moment où le feu devient bien vif, ce qui exclut donc les feux ralentis et c'est tant mieux ! Ceci dit, une fois que c'est bien parti et que le foyer est chaud, ça chauffe pour de bon.

 

Système Xtra et HMS, ça fonctionne ?

L'intérêt du poêle à bois Austroflamm Koko Xtra, c'est justement son principe d'accumulation de chaleur appelé "Xtra". Basé sur le système HMS (Heat Memory System) du fabricant, il consiste en fait à accumuler la chaleur dans des pierres – sortes de briques – positionnées tout autour du foyer, de manière à la restituer pendant plus longtemps.

Le fabricant annonce pas moins de 12 heures de restitution avec 9 kg de bois. Évidemment, c'est un peu trop beau pour être vrai en ce qui concerne le ressenti, puisqu'au toucher on dirait que le poêle devient froid bien avant, mais ça fonctionne tout de même plutôt bien. En pratique, on atteint plutôt 5 à 6 heures de sensation de chaud après la flambée. Il faudrait que je mesure ça de façon plus précise, ces chiffres sont approximatifs, mais ce n'est pas non plus un poêle de masse !

C'est d'ailleurs là que se trouve la subtilité dans l'argument commercial d'Austroflamm. Je pense qu'ils parlent de 12 heures à partir du moment où le feu commence avec 9 kg de bois, jusqu'au moment où le poêle n'émet plus de chaleur supérieure à celle de la pièce (donc jusqu'à ce que le cœur de la pierre revienne à température ambiante). Évidemment, en ce qui concerne le ressenti c'est un peu différent, puisque le poêle paraît logiquement plus froid lorsqu'on le touche – car c'est du métal – , même s'il est à une température plus élevée que celle de la pièce. Il faut également prendre en compte le fait que leur résultat est sans doute obtenu dans des conditions idéales, avec un tirage parfaitement maîtrisé, ce qui est bien plus difficile à obtenir en pratique.

Afin de mieux accumuler la chaleur, il est conseillé de fermer complètement la grille du système Xtra vers la fin de la flambée ou lorsque la pièce est déjà suffisamment chaude, de manière à accumuler cette chaleur dans les pierres.

 

Cette fois je sens que je vais conclure

Jean Claude DusseÀ l'heure du bilan, qu'en est-il ? Eh bien nous sommes satisfaits du Koko Xtra dans son ensemble. On aime son design, sa large vitre et son foyer tout de même assez grand par rapport à d'autres poêles de puissance équivalente. La construction semble sérieuse et le poêle paraît robuste.

Question chauffage, puisque c'est bien le point le plus important, la chaleur arrive assez vite et se maintient plusieurs heures grâce à la masse du poêle et son système HMS. Très bien pour tenir quelques heures pendant la nuit en attendant la flambée du lendemain s'il fait très froid dehors.

En ce qui concerne le fonctionnement, mis à part les quelques salissures dans les 2 coins supérieurs de la vitre, c'est plutôt agréable. Les bûches de 30 passent évidemment sans problème en largeur. Ce qui m'ennuie le plus dans le fonctionnement, c'est finalement l'arrivée d'air que j'aurais souhaité plus précise, avec 2 manettes. Une pour l'arrivée primaire et l'autre pour le secondaire. Ou alors avec un mécanisme plus lourd et plus robuste. Là on entend le clapet, il est assez léger et difficile à bien fermer complètement. En conséquence, en cas de vent dehors et de fort tirage dans le conduit, si on ferme totalement et que ça souffle dur, il peut arriver que ça siffle un peu. À vérifier lorsque l'arrivée d'air sera bien isolée, car là elle n'est pas encore raccordée correctement. Je pense quand même que j'essaierai de modifier un peu le système pour voir si je peux améliorer la fermeture. Bon ceci dit c'est du détail, l'important c'est que ça fonctionne tout de même bien.

[MAJ 2015/2016] Nous sommes toujours globalement satisfaits du poêle. En revanche, si c'était à refaire, il n'est pas évident que nous reprendrions le même modèle, pour une simple raison : le foyer très haut, c'est beau, mais c'est aussi plus long à faire monter à température adéquate pour obtenir une double combustion. À choisir, je privilégierais donc l'efficacité à l'esthétisme. Ceci dit, ça reste du bon matériel. Un peu cher, mais pas plus que d'autres grandes marques (hors GSB).