Puits Canadien GainesAprès quelques semaines sans articles, c'est reparti ! A vrai dire, nous n'avons pas chômé ces derniers temps : cloisons et plafonds de l'étage posés (reste bandes, enduits et finitions), réseau de VMC bien démarré et du boulot pour préparer la terre (fumier, motoculteur, ratissage, etc). Puisque nous n'avions pas encore assez de boulot (je plaisante bien sûr), nous avons aussi enterré les gaines du puits canadien le week-end dernier. Avant de vous présenter le travail dans la maison, voici déjà les photos du puits !

 

 


 

Rappelez-vous, le puits canadien, nous en avions parlé dans le premier "cékoiça", puis dans l'article sur la préparation du garage. Cependant, je n'avais alors pas eu l'occasion d'éclairer vos lanternes à ce sujet. Réparons-donc cela pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce dispositif.

Le puits canadien, c'est quoi ?

Un puits canadien, c'est avant tout un échangeur géothermique. Le principe est donc d'échanger des calories avec le sol grâce à un réseau de gaines enterrées à environ 2 mètres de profondeur, en l'occurrence pour tempérer l'air entrant dans la maison dans ce cas précis. L'air va donc se réchauffer en hiver puisque le sol garde une température relativement stable (une dizaine de degrés en moyenne) tout au long de l'année. En été, l'air va à l'inverse se refroidir dans le puits, on appelle donc plutôt cela un puits provençal pour cet usage, bien que cela soit finalement la même chose.

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter la définition sur ekopedia ou wikipedia, ou encore les nombreux articles relevés par Google. Mieux encore, ce long article explicatif de Fiabitat sur le puits canadien en aborde presque tous les aspects.

L'avantage de ce système, c'est qu'il fonctionne presque gratuitement. Dans notre cas il ne demande aucune énergie puisqu'il va fonctionner directement sur le groupe VMC Double-Flux et le chauffe-eau, qui ont tout deux un ventilateur pour aspirer l'air.

Pour la VMC, cela va permettre de puiser plus de calories dans l'air pendant l'hiver, pour une meilleure efficacité, bien que l'échangeur récupère déjà une grosse partie des calories de l'air extrait de la maison (principe même de la double-flux). Surtout, cela va éviter les risques de gel de l'échangeur en hiver et permettre de ventiler l'été sans risque de surchauffe de la maison. Mieux, le puits canadien agit comme une climatisation naturelle l'été. Vous me direz que nous sommes en Bretagne, que le climat est relativement doux et donc qu'un tel dispositif n'est pas indispensable. Vous avez parfaitement raison, ce n'est qu'un plus et nous verrons bien comment cela se comporte à l'avenir (capteurs à prévoir, mais pas tout de suite).

Maintenant que vous connaissez l'essentiel du fonctionnement et les objectifs recherchés, passons maintenant à la mise en oeuvre.

 

Tranchée et mise en place des gaines

Qui dit puits canadien dit déjà puits et gaines. J'avais prévu au départ une couronne de 50 mètres de gaine Hegler Hekatherm, conçue pour les puits canadien. Sachant que 10 mètres ont déjà été utilisés pour relier la cave à la maison, il ne me restait que 40 mètres, ce qui était tout de même juste pour un puits qui doit alimenter à la fois la VMC et le chauffe-eau thermodynamique. Bref, par sécurité et pour m'assurer que tout ce boulot ne serait pas fait pour rien, j'en ai commandé une seconde couronne de 50 mètres. Sachant que notre terrain n'est pas non plus gigantesque, nous avons fait une tranchée de 1m20 de large, dans laquelle nous avons disposé 3 gaines de 25 mètres.

L'avantage de multiplier les gaines, c'est que l'air circule plus lentement et a donc plus de temps pour échanger ses calories avec le sol. L'inconvénient, c'est surtout qu'il y a plus de boulot pour relier le tout.

Au départ, il était prévu de faire passer la ou les gaines par le fond de la cave, afin de tout relier à la gaine finale qui arrive à côté du chauffe-eau et de la VMC dans la maison. C'est effectivement ce que nous avions commencé à faire jusqu'à ce que nous nous rendions compte que le béton fait plus de 35 cm à cet endroit ! Les murs de la cave ont en effet été coulés contre la terre et c'est du béton banché, donc super solide pour ne rien arranger. Bref, après quelques essais au perforateur et au marteau-piqueur (merci les maçons pour le prêt du matos), j'ai vite jeté l'éponge pour adopter le plan B ! Les 3 gaines vont donc aboutir dans un grand regard, avant de passer par le haut de la cave qui se termine heureusement par 2 rangs de parpaings avant la dalle béton du garage. Le trou est déjà fait, la dalle du regard géant aussi, reste à murer tout ça. Je vais confier cette tâche aux maçons pour que ça soit plus rapide et que l'on puisse terminer de reboucher la tranchée.

Afin de ne pas avoir de problèmes avec le radon (un gaz radioactif dangereux, naturellement présent dans le sol, deuxième source de cancer du poumon après le tabagisme), il faut que ce regard soit étanche, ce qui exclue le puits perdu avec des graviers pour évacuer les condensats dans le sol. De toutes façons, vu la glaise compacte qu'on a en profondeur, il ne fallait pas trop compter dessus. Espérons juste qu'il n'y aura pas trop de flotte à évacuer.

En attendant, voici déjà quelques photos de ces étapes. Un grand merci à Martine pour la gestion du niveau laser avec le terrassier, afin que le fond de la tranchée suive une pente de 2%. Grand merci également à Christian et Sylvain pour les dizaines de pelletées de sable qui furent nécessaires pour caler les 3 gaines au fond.

Puits Canadien

Puits Canadien

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Martine paraît toute petite dans le fond de la tranchée ! Nous avons commencé à creuser à 2m20 de profondeur et c'est resté assez profond (environ 2 mètres) jusqu'au bout puisque le terrain est en légère pente.

 

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Cécile aussi a joué de la pelle pour étaler le sable proprement.

 

Puis, une fois le sable étalé, place au positionnement des gaines, bien calées dans le sable pour maintenir une pente régulière avant de recouvrir le tout de terre. En effet, il ne faut pas de contrepente pour éviter que de l'eau ne stagne dans le tuyau, ce qui favoriserait ainsi le développement bactérien/microbien, évidemment déconseillé vu que le puits sert à alimenter la maison en air neuf !

Puits Canadien

Côté cave, les 3 gaines arrivent au point bas. C'est là qu'il faut fabriquer le regard géant pour accéder aux gaines et récupérer les condensats (pompe de relevage ?). La photo ne le montre pas, mais il y a maintenant une dalle en béton fibré coulée par mes soins, avec un regard 40×40 en son milieu.

 

Puits Canadien

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Les gaines filent ensuite sur 25 mètres, il y a un virage puis ça remonte.

 

Puits Canadien

Christian et Sylvain, en plein pelletage ! Rassurez-vous, j'y ai aussi participé. ;) Il nous reste une dizaine de mètres de gaine, avis aux amateurs ! Je mettrai ça en vente bientôt, avec un rouleau de frein vapeur complet qu'il nous reste aussi.

Et voilà pour aujourd'hui. Plus de photos très bientôt, puisque les maçons devraient venir terminer l'extension de notre dalle de garage et faire un petit muret côté route en fin de semaine prochaine, avant que le terrassier ne revienne pour remettre le terrain bien de niveau. La construction du garage pourrait débuter en novembre si tout va bien.