Notre terrain étant en légère pente, quelques différences de niveaux ont été créées lors du terrassement,  notamment pour la réalisation du petit bout de jardin devant la maison – dans lequel se trouve le filtre à sable de l'assainissement autonome. Par conséquent, ce dernier se trouve à près d'un mètre au-dessus du niveau de la route et de l'accès à notre terrain. Afin de retenir la terre et créer un massif avec quelques plantes, nous avons décidé de fabriquer un muret de soutènement avec des traverses en chêne.

 

 


Pour compliquer le tout, le chemin d'accès à la maison qui longe le petit bout de jardin à délimiter avec le muret présente une belle courbe. Le choix des traverses en chêne s'est donc fait en partie pour cette raison, puisqu'il me paraissait plus facile de créer un arrondi avec des traverses positionnées verticalement. D'autre part, nous souhaitions éviter le parpaing, puisque nous avons déjà un tel muret adjacent, en limite de propriété pour séparer de la route ; le parpaing est aussi moins évident à travailler lorsqu'il s'agit de faire des arrondis, car il faudrait ensuite tout enduire pour obtenir une surface bien lisse. Nous avons donc acheté des traverses en chêne brut de 2m40 de long et de section 12 x 20 cm.

Première étape, le transport ne fut finalement pas l'opération la plus simple, puisqu'il faut bien deux paires de bras solides pour transporter de tels morceaux – sans doute pas très secs pour ne rien arranger. Je remercie donc mon ami Cyril au passage, qui est venu récupérer tout ceci avec sa grande remorque.

 

Il a ensuite fallu sortir la pelle et la pioche et se retrousser les manches pour réaliser la tranchée dans laquelle se placent les traverses.

 

Mais avant toute chose, il fallait commencer par découper ces fameuses traverses de 2m40 de long ! Ce ne fut pas une mince affaire, car le chêne est un bois dense et avec 12 cm d'épaisseur, les scies circulaires sont mises à rude épreuve. Pour que l'ensemble tienne bien, j'ai décidé d'enterrer au moins un quart de la hauteur des traverses.

 

Seulement, s'il n'y avait eu qu'une découpe à faire, cela aurait été trop simple… Vous l'aurez sans doute deviné, le problème se situait dans la courbe, puisque si l'on ne veut pas qu'il y ait trop d'écart entre les traverses, il faut qu'au moins une des deux tranches de chacune soit coupée suivant un certain angle sur toute sa hauteur ! Un travail particulièrement difficile avec une simple scie circulaire. C'est pourquoi, suivant les conseils de belle-maman, nous avons emprunté la scie sur table du beau-grand-papa ! Merci à eux pour l'idée et le prêt de la machine, qui nous a bien rendu service. La coupe était ainsi bien plus précise et rapide, même si la tâche n'était pas non plus très facile à cause de la masse importante des traverses, qu'il fallait pousser contre la lame. D'ailleurs, pour ce faire, j'ai dû retirer les protections, ce qui n'est pas franchement conseillé habituellement…

 

 

Une fois découpées, puis poncées par belle-maman et Madame (merci à elles), afin de les protéger encore plus, nous avons trempé les traverses dans le produit crado "Sika-ca" que nous avions utilisé pour imperméabiliser les fondations de la maison. Il en restait un fond, autant qu'il serve à quelque chose d'utile, même si ce produit est une hérésie écologique, il faut bien l'avouer. Au moins, ça retardera encore un peu plus le vieillissement des traverses, et comme c'est noyé dans le béton ensuite, ça reste "acceptable" (on se justifie comme on peut hein ^^).

 

Reste ensuite à les positionner dans la tranchée, sur une petite couche de gravier pour commencer. Au départ, cela ne tient pas très bien, il faut attendre d'y mettre du béton pour que cela ne bouge plus. Car oui, afin qu'elles ne soient pas en contact direct avec la terre et pour rigidifier l'ensemble, j'ai préféré les couler dans le béton, ce qui sera plus durable.

 

 

Des cales sont ajoutées entre chaque traverse, car le chêne a eu le temps de sécher et il faut garder quelques millimètres pour pallier le gonflement lorsqu'il pleut. De fait, en cette saison hivernale, il n'y a pratiquement plus d'espace entre chaque traverse !

Edit. 2017 : finalement, il semblerait que les traverses aient encore séché un peu, si bien que l'écart entre chacune d'entre elles s'est un peu agrandi. Peut-être n'était-il pas nécessaire de ménager un espace lors de la pose.

 

 

Une fois les traverses solidement ancrées dans le béton, j'ai mis en place une protection de soubassement (type Delta MS) pour éviter que le bois soit en contact direct avec la terre, puis j'ai ajouté un peu de gravier dans le fond côté terre, sur lequel fut placé un tuyau de drainage lui-même recouvert de graviers. Vint ensuite un géotextile, puis de nouveau une couche de graviers et enfin la terre (celle récupérée de la tranchée avant, puis de la végétale). Avec une telle mise en œuvre, je ne pense pas que les traverses seront à changer avec au moins quelques décennies… C'est le but, tant qu'à construire quelque chose, autant que ce soit durable.

Ces travaux furent réalisés en juillet 2014. Un an et demi plus tard, voici le résultat un jour de janvier pluvieux. Le bois a naturellement grisé après avoir évacué pas mal de tanin (coulures noires au départ, c'est normal et ça part tout seul avec le temps). Il est gris clair en temps normal et fonce avec la pluie comme tout matériau poreux.

 

Voici une autre vue du muret, sur laquelle on voit bien les deux couleurs : tout à droite quand le bois est sec ; à gauche quand il est mouillé. Vous l'aurez remarqué, j'ai aussi ajouté trois marches sur demande de Madame, ce qui s'avère en effet plus pratique pour accéder au jardin. Finalement, je me dis que cela serait chouette d'ajouter environ 2 mètres de muret côté gauche pour la finition, mais j'ai d'autres chats à fouetter avant. :)

 

Petit détail de conception, j'ai ajouté des barres en acier en haut du muret, préalablement peintes, afin que chaque traverse soit liée à sa voisine (deux tirefonds par traverse). Cela rigidifie l'ensemble et évite qu'une traverse se décale par rapport à une autre. Pas indispensable, mais recommandé avec une telle hauteur de muret, dans la mesure où les traverses ne sont pas non plus enterrées très profondément et afin de garder un ensemble bien aligné, ce qui n'est pas évident avec une telle courbe.

Au final, je trouve le résultat plutôt réussi, cela change du parpaing et s'avère à la fois plus esthétique et plus propre qu'une bâche verte. Ainsi, les feuilles des plantes situées au-dessus ne finissent pas sur les graviers.

En face de ce muret, du côté de la palissade en composite (j'y reviendrai), j'ai maçonné des jardinières en parpaing pour changer de style. Je vous montrerai bien sûr le résultat une fois que le plus gros sera terminé. Les enduits seront faits plus tard, je l'espère en 2016, mais ce n'est pas l'urgence.